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— Tu ramènes Gilles.

— Quoi ?

Ses yeux s’étaient écarquillés et ses lèvres avaient formulé le mot sans un bruit.

— Mon frère. Tu es une engeôleuse d’esprits, de tous les esprits, non ? Y compris les fantômes. Tu ramènes mon frère et je te tue ce type proprement, sans abîmer sa boîte bleue.

Elle plissa les paupières, l’air mauvais.

— Tu te crois en mesure de négocier ?

— Je ne passerai pas une éternité seule, sans personne.

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J’avais pensé à Néo, tout à l’heure. Poser le pied sur les dalles blanches de la galerie me fit l’effet d’avaler la pilule rouge. J’allais découvrir un monde que je ne voulais pas connaître – même en tant que vampire, je n’étais pas censée le fréquenter ! Cependant, lui tourner le dos, c’était nier une réalité. En plus, je n’avais pas vraiment le choix. Mon lapin blanc avançait à quatre pattes afin de ne pas dépasser du muret qui séparait la promenade pavée du jardin. Je l’imitai. Nous parvînmes à l’entrée de la chapelle sans problème. Ses portes étaient ouvertes sur l’obscurité. Je ne percevais pas de bruit, mais une très forte odeur d’encens et de cire. Nous nous plaquâmes contre le mur, de part et d’autre du palier, et je jetai un coup d’œil. Des symboles qui ne me semblaient guère catholiques décoraient le sol. Certaines parties étaient soulignées par des bougies et des encensoirs encore fumants.

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Elle attrapa une feuille et la tint comme on le faisait de la main d’un enfant. Je vis un frémissement remonter la tige. Il me rappela ces très vieux dessins animés, quand un personnage de cartoons prenait le jus : le courant remontait le bras, puis l’échine jusqu’au bout de la queue. C’était marrant. Mes sourcils se froncèrent et je m’ébrouai. Mince, j’avais autre chose à faire qu’à glander ! Je plissai les paupières. Concentration, concentration… Il me fallait mettre la main sur ce froid de mort qui électrisait ma conscience, puis faire coïncider chaque étincelle avec la cellule adéquate. Comment cela s’était passé la veille, déjà ?

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Nous quittâmes la rue Saint-Ursule afin d’obliquer vers la gauche. Les gens riaient, plaisantaient et nous passions tels deux fantômes à travers leur allégresse. Nous n’étions guère que des vapeurs d’alcool pour les estivants que nous croisions. Personne ne se montrait pressé, la soirée était trop belle pour ne pas la savourer. Il n’y avait que la parano – maudite soit-elle ! – pour avancer au pas de charge. Quelques mètres plus loin, un ancien hôtel particulier faisait l’angle avec la rue qui menait au couvent des Jacobins. Sa façade présentait les briques rouges habituelles à la Ville rose. Un muret surplombé d’une grille en fer forgé protégeait le jardin attenant. Nous le longeâmes en choisissant de remonter la rue Lakanal, plus discrète. À l’endroit où le parapet rejoignait le mur du vieux bâtiment, une plante grimpante s’échappait par-dessus la clôture. Muriel s’en approcha et me fit signe de la rejoindre.

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Muriel avait conduit dans un silence religieux. J’avais vaguement essayé de détendre l’atmosphère en allumant la radio lorsque nous avions rejoint la rocade Arc-en-ciel, mais son regard m’avait dissuadée de poursuivre l’expérience. Nous nous étions garées au parking souterrain d’Esquirol. Une fois remontées à la surface, à côté du kiosque à journaux, nous avions pris la rue des Changes. Presque de suite, nous tournâmes à gauche, dans une ruelle étroite qui longeait, à son bout, une grande cour. Je ne voyais pas trop où la parano voulait nous mener : pas à la Garonne, on aurait continué en sortant du parking. Peut-être son grand ennemi se terrait-il à Notre-Dame de la Daurade ? Ou plutôt à la place du même nom, juste derrière ? Nous allions, perdues au milieu des noctambules qui profitaient de ces soirées chaudes du début de l’été. Nous marchions sans parler. Selon ses desiderata, je restais deux pas derrière elle, afin de la couvrir et pour la laisser libre de ses gestes, au cas où nous tomberions dans un traquenard.

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