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Bibliothèque de JulMor : Mes envies

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Pourvu que la nuit s'achève Pourvu que la nuit s'achève
Nadia Hashimi   
Nadia Hashimi raconte une nouvelle fois une histoire de femme, de liberté ; dans un pays où l’honneur est plus importante que l’amour. Dans cette œuvre le résumé parle de lui-même, les secrets peuvent nuire tout comme la vérité. L’héroïne se retrouve incarcérée pour le meurtre de son mari dans la prison de Chil Mahtab. On découvre le combat d’un avocat, la culpabilité et le pouvoir d’une mère, le silence pour protéger la vertu. Un sentiment d’injustice se fait sentir, le pouvoir des hommes est cruel dans ce pays ; ne donnant que très peu de chance aux femmes d’être émancipé des croyances et des convenances de l’Afghanistan.

Zeba n’est plus une étrangère en tournant les pages du livre, elle devient une âme à part entière. Sincèrement j’ai eu envie de la prendre dans mes bras comme de la secouer, pourquoi ne dit-elle rien de cette journée fatale ? Que cache-t-elle donc pour se murer autant dans le mystère ? Est-elle coupable ou innocente ? A-t-elle fait un sacrifice ou préfère-t-elle protéger ses enfants ? Zeba se bat contre le mal, mais doit-elle se battre contre elle-même ? C’est une héroïne forte, tellement puissante ; elle possède la magie de sa mère et le même cœur, la même envie de mettre ses bébés en sécurité. Je l’ai admiré et sa façon d’être est vraiment touchante, elle ne donne aucune vérité sans pour autant avouer être une criminelle. Têtue et parfaitement maîtresse de ses volontés.

Yusuf est un afghan vivant en Amérique, son parcours scolaire est excellent et tout est à sa portée de main pour réussir professionnellement. Il choisit la voie de la défense, être avocat ; tout en voulant devenir le gardien de la justice de l’Afghanistan. Il repart pour son pays d’enfance, son métier l’emmène dans les pas de Zeba. J’ai beaucoup apprécié cet homme, un peu enfantin et timide ; il se donne énormément pour sa profession. Je l’ai trouvé drôle parfois, souvent maladroit et c’est tout ce qui fait son charme ; un personnage très simple et modeste.

Je ne souhaite pas en dévoiler plus sur les protagonistes, il faut apprendre à les aimer par soi-même, les connaître en parcourant l’histoire dans son ensemble. Certes, la maman de Zeba est essentielle dans la synopsis et c’est justement pour ça que je ne révèle rien sur cette femme, elle est une énigme impossible à décrire. Le récit est long, mais ce que j’admire dans cet ouvrage c’est l’authenticité profonde, la même que dans « La perle et la coquille » et « Si la lune éclaire nos pas » ; tout est véridique, basé sur des faits réels et sincèrement ça fait mal au cœur. Heureusement les porte-paroles crient pour ces femmes, ces injustices, ces règles difficiles à comprendre. « Pourvu que la nuit s’achève » transmet un message, celui du cœur et du partage, particulièrement celui d’une mère et d’un sacrifice pour protéger. C’est une lecture mémorable et délicate, tout en finesse et en bouleversement. Le suspense laisse place au voyage, les lieux changent tout comme les personnages ; encore une fois on a différent point de vue. L’émotion titanesque se retrouve à la fin du roman, dans les derniers mots et pour moi cette lecture vaux tout l’or du monde.

Nadia Hashimi est encore surprenante dans sa narration, dans ses propos sur les femmes. Je suis attirée par ces livres pour trouver ses messages, pour penser et prier à l’égard de ces femmes, ces mères. Son écriture est envoûtante, elle se laisse dévorer et apprécier tout en abordant des sujets obscurs. Une fois de plus, cette écrivaine compose un portrait saisissant, tout en rajoutant les voix des proches.

Finalement cette œuvre n’est pas un coup de cœur, c’est une lecture tellement puissante et porteuse de propos qu’il faut juste admirer les héros, remercier l’auteur et faire connaître son talent. Le léger reproche que je dois noter est le manque de présence de Zeba, pourtant c’est son portrait et son histoire ; cependant j’ai trouvé que les protagonistes secondaires prenaient autant de place qu’elle. Le mystère est là, pourtant on devine parfois les révélations en avance ; en même temps c’est de la littérature contemporaine et le suspense n’a pas forcément de position particulière dans ce style. La synopsis est prenante pour sa réalité, jamais j’oublie les romans transmettant du savoir et de l’actualité. « Pourvu que la nuit s’achève » parle du destin d’une femme injustement mise en cause pour la mort de son mari, sans aucune preuve sa liberté lui est volée, ses enfants enlevés et son honneur bafoué. Ce livre révèle le pouvoir des hommes, le visage d’une héroïne ayant le cœur sur la main et principalement où le viol d’une femme devient parfois un zina – relation hors-mariage – en Afghanistan le zina est puni, c’est un crime comme un autre. C’est un pays cruel pour les femmes, un enfer sans liberté pour elles ; les hommes décident et les femmes peuvent devenir des objets, le système judiciaire est négligeant et tout est question d’honneur.

http://lesfaceslitteraires.blogspot.fr/2018/02/pourvu-que-la-nuit-sacheve.html
Le Secret de la manufacture de chaussettes inusables Le Secret de la manufacture de chaussettes inusables
Annie Barrows   
Ah ! Quel fraîcheur, quelle détente, quel plaisir, bref, tous les adjectifs positifs qui vous tenteront !

Première chose : le résumé ne rend absolument pas justice à ce roman. Les personnages présentés ont l'air fade et ... fade. Prenons Felix, d'abord. "Le père, le troublant Felix". Non mais ! "Le père" ! Felix, c'est bien plus que ça.

Ce qui m'amène en fait à ce que je voudrais dire à propos de ce roman : ce n'est pas l'histoire, l'intrigue, qui en fait toute la saveur, mais bien les personnages. Un peu comme dans le Cercle Littéraire des Amateurs d'épluchures de patate, finalement.
On veut découvrir le fameux secret, bien sûr, mais ce secret n'est rendu intéressant que grâce aux personnages concernés. Bon, il y a les personnages rigolos, qui donnent une petite saveur supplémentaire à ce roman : Mae, Minerva et leur maris, Bird (la tribu Romeyn), les voisins, Geraldine... Et puis il y a les autres, les vrais, ceux qu'on voudrait à tout prix connaître.

Tout d'abord, il y a Willa. C'est le premier personnage qu'on rencontre, le premier point de vue auquel on est confronté. Bon, pour le coup, je ne veux pas "à tout prix" connaître Willa. Mais elle est très importante, puisque ce qu'elle désire le plus, tout au long du roman, c'est détenir des secrets. Drôle de petite fille qui lance parfois des remarques tout à fait étonnantes pour son âge, c'est grâce à elle qu'on va pouvoir pénétrer les recoins de Macedonia, les endroits, les choses auxquelles personne ne prête attention à part les enfants (les enfants vifs d'esprit). Et puis Willa, c'est le point de vue qui a fini par me faire pleurer. Voilà qui la fait remonter dans mon estime.

Ensuite, il y a Jottie. 2è point de vue. Pour le coup, j'aimerais avoir Jottie pour meilleure amie. 35 ans, tante célibataire qui élève les filles de son frère avec tout l'amour et surtout tout l'humour dont elle est capable. Elle, Mae et Minerva forment un trio diabolique qui m'a vraiment bien fait marrer ! Mais ce que j'aime chez Jottie c'est cette profondeur incroyable du personnage.

Après, Felix ! "Le père". Ahah. Felix, c'est l'homme parfait. Il est drôle, beau pour ce qu'on en sait, intelligent et intéressant. Felix, tout le monde l'aime. Ce qui est amusant, chez ce personnage, c'est qu'on le découvre par plein de points de vue, mais jamais le sien: celui de Layla (en parlerai-je ? Non. C'est un personnage décisif, et pourtant elle ne m'est pas plus sympathique que ça. Je vous laisse la découvrir!), celui de Jottie, et celui de Willa. Trois femmes qui l'aiment, toutes à leur manière, ce qui nous fait trois façons de découvrir Felix (ou pas)

Et puis, bien sûr, la figure qui traverse tout le roman sans jamais s'y poser : Vause. Vause, qu'on déteste, qu'on adore, qu'on pleure, qu'on voudrait tellement rencontrer mais qui ne reviendra jamais (voilà que je me remets à pleurer devant mon écran). Sans Vause, il n'y aurait pas d'histoire, et sans Vause, ce roman ne serait pas aussi génial qu'il l'est.

Ah ! J'ai oublié une catégorie : les personnages importants mais qui n'ont pas la saveur des autres. Sol, le sous-directeur de la fabrique de chaussettes, Layla (bah voilà, j'en ai parlé finalement !), l'aristo un peu perdue qui n'a jamais vu de vache de sa vie et j'allais dire Emmett, mais non, Emmett a le droit de rejoindre la catégorie précédente (pour moi en tout cas), parce qu'on a envie de lui faire des câlins et de lui dire qu'on l'aime.


Pour faire court, c'est pour la famille Romeyn qu'on veut à tout prix lire ce livre, parce qu'elle est incroyable. Je vous laisse découvrir en quoi.
Quant à l'écriture, on est pas déçu : on retrouve la légèreté et l'humour de Annie Barrows, ainsi que quelques lettres ! Juste ce qu'il faut pour rire un peu (surtout les lettres de Layla à son oncle)


par Cazolie
Nora ou le paradis perdu Nora ou le paradis perdu
Cécilia Samartin   
Ce livre fait partie des livres qui bouleversent et qui s'impriment en nous durablement. il y a des événements qui sont loin de nous, de notre quotidien, et pour lesquels on ne se sent pas concernés... Et puis, un jour un auteur nous raconte une histoire et subitement la réalité nous rattrape et nous saute aux yeux, et il n'est plus possible ensuite de rester indifférent. C'est ce que j'ai ressentie en lisant ce roman, éprouvée par le bonheur de l'enfance volée, évanouie, la séparation et l'arrachement douloureux, le manque, la culpabilité.

Nora a laissée sa cousine à Cuba après la prise de pouvoir de Castro en 1956, elles ne cesseront jamais de s'écrire mais Nora ne pourra jamais s'imaginer avant de retourner dans son pays, comment il a changé, et combien il est devenu difficile de vivre là bas. C'est Nora qui nous décrit d'abord l'enfance heureuse, le pays chatoyant qui sent bon les fêtes de famille et l'insouciance, marquée par les secrets, leurs rires d'enfants et l'admiration qu'elle voue à sa cousine. Malgré une vie privilégiée, choisie par ses parents, elle n'oubliera jamais sa patrie, son passé et ceux qu'elle a laissée derrière elle. Le retour est controversé mais inévitable, elle y trouvera les ruines, le malheur et le désespoir, mais aussi pourtant chaleur et hospitalité de ceux qui n'ont plus rien, et qui n'ont plus que cela à offrir.

L'écriture nous touche à vif, les émotions nous serrent à la gorge et nous submergent. Le voyage est éprouvant, la lutte sera vaillante, évidente et sincère. C'est un lourd bagage à porter pour Nora, mais la destinée de ces deux jeunes femmes resteront à jamais indissociables. Nora devra finalement à Alicia la réconciliation ultime avec son histoire, pour ne pas oublier que l'âme de son pays, c'est elle avec les siens qui le détient dans ses mains.

Un roman puissant, qui donne à comprendre la difficulté d'abandonner sa culture et son pays. Une histoire déchirante et lumineuse qui va sûrement bousculer votre petit confort. Cécila Samartin a réussit avec ce beaucoup de sensibilité a laisser une trace, un bel hommage à ses racines.

Poignant, sublime : n'oubliez pas vos mouchoirs !
Philomène et les siens Philomène et les siens
Florence Roche   
Je suis sortie de ma zone de confort avec ce roman contemporain, une histoire familiale sur plusieurs années (1900 à 1945)... et j'ai bien fait car Florence Roche a une plume fluide et arrive à harponner son lecteur du début à la fin avec une héroïne forte et combattante qui se battra pour préserver les siens et ses terres en dépit des concurrents ne faisant peu de cas des femmes à l'époque.

Philomène et les siens est une saga familiale historique qui va nous faire traverser les deux guerres mondiales et faire revivre les atrocités que les gens ont subi à cette période.

Florence Roche nous livre ici un roman captivant et bouleversant, jonché de nombreux rebondissements.J'ai eu par moments de véritables déchirements à certains passages du livre et une réelle empathie pour l'héroïne déchirée entre ce qu'elle pense être bien et son aspiration au bonheur.

Avec ce roman, j'ai fait la découverte d'une auteure à la plume addictive et qui nous livre pleinement le produit de ses recherches.

Une auteure à découvrir et dont je vais découvrir les autres romans tant elle arrive à communiquer avec son lecteur qui est en totale immersion.

Une excellente lecture que je vous recommande chaudement à découvrir sans tarder.
Guantanamo Kid - l'histoire vrai de Mohammed El-Gorani Guantanamo Kid - l'histoire vrai de Mohammed El-Gorani
Alexandre Franc    Jérôme Tubiana   

Témoignage d'un jeune Tchadien, vivant avec sa famille en Arabie saoudite, qui parce qu'il a pris un faux nom pour obtenir des papiers lui permettant d'aller étudier l'anglais et l'informatique au Pakistan en 2001, à l'âge de 13 ans, a été soupçonné d'appartenir à Al-Qaida. Il raconte ses conditions de détention par les Américains à Kandahar puis pendant sept ans à Guantanamo.
La fille idéale La fille idéale
Gilly MacMillan   
Quand la perfection devient obsession, cela peut parfois faire en sorte de créer des comportements extrêmes...

Zoe excelle lorsqu'elle est derrière son piano et sa mère lui impose une discipline exemplaire. Elle réussit à obtenir une bourse dans une grande école et c'est là que tous les problèmes commencent. Zoe devient le bouc émissaire des mieux nantis et par un soir où elle se retrouve dans une soirée avec le beau Jack, celui-ci trafique sa boisson. N'ayant pas conscience du danger, elle prendra le volant, alors âgée que de 14 ans, et aura un accident. Les trois passagers se trouvant à ses côtés mourront! Elle sera condamnée et devra passer plusieurs mois dans un Centre.

À sa sortie, sa mère Maria rencontrera Chris. Avec lui, pas question de laisser le passé les empêcher de vivre leur vie. Ce sera un nouveau départ, une Seconde Chance. Une vie basée sur la perfection où tout semble si superficiel! Il est désormais interdit de parler du passé. Mais voilà, pour le premier concert de la Seconde Chance, un homme se pointera à l'Église... le passé resurgira. L'on se rend compte que tant du côté de Maria que de Chris, tous deux avaient un passé bien enfoui et caché.

L'auteure réussit à créer une atmosphère vraiment intense autour de Zoe. Nous ressentons bien toutes les émotions vécues par notre protagoniste. Tous les personnages autour d'elle sont en quelque sorte imparfaits et en cela, ils sont juste un peu plus humains. Ils ont tous un petit quelque chose à cacher et cela amplifie encore plus le suspense de ce thriller psychologique. Personnellement, le personnage de Chris m'a troublée. Il cherche à tout contrôler autour de lui, tant son environnement que les gens.

Le système de justice est quelque peu mis à mal dans ce thriller. Nous voyions efficacement les failles et les impacts que cela peut avoir... tant pour le passé que pour la situation présente!

Le seul bémol à ce récit est en fait, le début. Il est parfois un peu difficile de s’y retrouver, car l'auteure alterne non seulement avec les personnages, mais également dans le temps. Sinon, l'intrigue nous tient en haleine, et ce, jusqu'à la fin. Et justement... que dire du dénouement? Il est surprenant tout simplement!

http://alapagedesuzie.blogspot.com

par alapage
Le goût d'Emma Le goût d'Emma
Kan Takahama    Julia Pavlowitch    Emmanuelle Maisonneuve   
Le parcours initiatique d'une jeune passionnée de cuisine qui parvient à travailler pour le guide Michelin et sillonne la France pour tester les petits restaurant et auberges.

La voix cachée La voix cachée
Parinoush Saniee   
Après le succès du Voile de Téhéran, le nouveau roman de Parinoush Saniee, la meilleure peintre de la société iranienne.

À quatre ans, Shahaab ne parle toujours pas. Pourquoi ? Personne ne le sait. Protégé par sa mère, Shahaab n'a pas conscience de sa différence et vit heureux. Puis il découvre que tout son entourage, y compris son père, le prend pour un idiot. Son monde de paix et d'harmonie s'écroule. Mais il est petit, il est mutique. Comment faire face à la violence psychologique dont il est victime ? Impuissant à se faire comprendre, submergé par une rage intense, il devient un véritable démon et commet les pires bêtises. Jusqu'à l'arrivée de sa grand-mère qui, en secret, à force d'amour et d'écoute, le délivre de sa colère et lui apprend à communiquer.
Une histoire vraie racontée par Shahaab devenu adulte. Deux voix se mêlent et se répondent : celle de Myriam face aux difficultés de son fils, à la dureté de son époux et à la malveillance de sa belle-famille ; celle de l'enfant contraint d'affronter un monde qui lui est hostile.

(Source : Robert Laffont)

par x-Key
Ma vie de Bacha Posh Ma vie de Bacha Posh
Nadia Hashimi   
Cela n’était absolument pas volontaire de ma part lorsque j’ai établi ma pile à lire mensuelle, mais le hasard a voulu que je lise d’affilée deux romans évoquant la condition féminine. D’abord Là où tombentles anges, qui aborde le quotidien des femmes françaises au début du 20ème siècle, et ensuite Ma vie de Bacha Posh, un contemporain à destination de la jeunesse - mais pas seulement ! - qui parle d’une tradition afghane peu connue mais plus répandue qu’on ne peut le penser : afin d’apporter chance et prospérité à une famille, on « transforme » une petite fille en petit garçon jusqu’à la puberté. Très honnêtement, je n’avais jamais entendu parler de cette coutume auparavant, mais je compte bien, désormais, chercher d’autres ouvrages abordant cette thématique qui m’intéresse grandement (à commencer par La perle et la coquille de la même auteure) !

Obayda a dix ans, trois sœurs ainées, un père unijambiste depuis peu qui ne sort plus de sa chambre depuis l’accident … et une tante un peu trop invasive qui semble considérer que c’est à elle qu’il revient de tout décider dans la maisonnée. Alors, quand cette dernière propose qu’Obayda devienne une bacha posh, c’est-à-dire une fillette qui endossera le rôle d’un garçon afin d’attirer chance et bonheur sur la famille jusqu’à sa puberté ou la naissance d’un garçon, nul ne s’y oppose hormis Obayda elle-même. Elle aime être une fille, danser, porter les robes que ses sœurs ont endossées avant elle … Ce n’est qu’après avoir fait la connaissance de Rahim, une autre bacha posh, qu’Obayd(a) saisira l’opportunité qui s’offre à lui/elle : libérer des interdits qui pèsent sur les filles, Obayd va s’épanouir et dépasser ses limites … jusqu’à désirer ne plus jamais avoir à reprendre son identité première.

Comme je le disais déjà plus haut, à mes yeux, ce roman fait partis de ceux qui peuvent se lire à tout âge : s’adressant autant aux enfants qu’aux adultes, Nadia Hashimi tient avant tout à sensibiliser à l’inégalité entre les hommes et les femmes … en Afghanistan, mais pas uniquement. En effet, si au premier abord elle semble avant tout dénoncer la différence de droits entre une petite fille afghane et un petit garçon afghan - les seconds auront le droit de rester dehors après l’école, d’être exemptés de corvées et de manger les meilleures parts de viande lors des repas -, on remarque très facilement qu’elle ne s’arrête pas là. Elle dénonce également la dévalorisation systématique des filles dans nos sociétés : lorsqu’on dit d’un garçon « qu’il court comme une fille », cela n’a rien de valorisant ni pour le garçon ainsi qualifié ni pour les filles !

A force de faire croire aux petites filles, par de petites remarques qui passent inaperçues, qu’elles n’ont pas les capacités suffisantes pour égaler voire dépasser les petits garçons, elles finissent par y croire et, n’osant pas se lancer, ne pourront ainsi jamais prouver le contraire ! Et voici le serpent qui se mord la queue continuellement, jusqu’à ce que s’installe durablement dans l’imaginaire collectif cette différenciation. La transformation en bacha posh, qui ne consiste finalement qu’à un changement de prénom, de coupe de cheveux et de vêtements - rien d’officiel donc -, permet à la petite fille devenu aux yeux de la société petit garçon de prendre de l’assurance … et de faire éclater au grand jour les capacités qu’elle possédait déjà sans pouvoir les montrer en tant que petite fille ! Si on faisait pareil en France, aucun doute que la même chose se passerait, puisqu’un enfant se construit en grande partie sous le regard des adultes qui lui servent autant de modèles que de juges, et si le regard de ces adultes changeait brusquement grâce à cette transformation factice (finalement), et bien cet enfant se construirait différemment, porté par ce regard.

Bien évidemment, pour le jeune lecteur, l’objectif n’est pas de voir aussi loin ! Ce roman lui permettra de saisir le fossé qui existe entre notre culture et la culture afghane, où les légendes prennent corps dans le quotidien sous forme de coutumes et de traditions qui peuvent nous sembler étranges au premier abord, mais aussi de toucher du doigt l’inégalité entre les hommes et les femmes dans ce pays lointain … ce qui est déjà une première étape vers la mise en évidence d’une inégalité entre les hommes et les femmes dans le monde d’aujourd’hui. Mais pour un jeune lecteur d’une dizaine d’années, ce roman est également une belle histoire d’amitié : Obayd et Rahim, liés par leur condition commune, par leur secret commun, par leur rêve partagé, forment un duo que l’on prend plaisir à suivre. Ces deux personnages sont déjà très attachants individuellement, et ensembles, ils sont tout simplement irrésistibles : une amitié pareille, cela fait rêver. Cette histoire, c’est également celle d’une famille brisée par un accident, chamboulée par ce bouleversement qui ébranle jusqu’aux relations entre les quatre sœurs, mais liée par un amour si fort que rien ne pourra abattre. C’est pour sa famille qu’Obayda accepte la transformation en garçon … mais pour sa famille également qu’Obayd finira par se résoudre à redevenir une fille. Il faut montrer aux enfants d’aujourd’hui la puissance de l’amour familial !

En bref, ce roman est une vraie petite perle : des personnages fascinants et attachants, une histoire riche et touchante, et surtout une plume particulièrement émouvante et élégante … Tout cela contribue à faire de ce livre un récit à la prose accessible aux plus jeunes sans être ennuyante pour les plus grands, un récit dynamique qui se lit facilement et rapidement tout en restant captivant. Un juste milieu a été trouvé pour que cet ouvrage puisse plaire à tous les âges, aux filles comme aux garçons, aux grands dévoreurs de romans comme aux petits grignoteurs occasionnels … C’est un livre qui peut parler à tout le monde, à ceux qui souhaitent découvrir une autre culture comme à ceux qui s’intéressent à la condition féminine dans le monde, à ceux qui désirent s’évader dans une lecture douce et sans prise de tête comme à ceux qui aiment prolonger leur lecture par une réflexion … En clair, vous l’aurez compris : offrez-vous ce livre et offrez-le autour de vous sans hésitation !

http://lesmotsetaientlivres.blogspot.fr/2017/10/ma-vie-de-bacha-posh-nadia-hashimi.html

par Aryia
Pas pleurer Pas pleurer
Lydie Salvayre   
Ce livre m'a été recommandé par ma prof d'espagnol civilisation à la fac et je ne regrette pas de l'avoir lu! Cette histoire donne une nouvelle profondeur à la guerre civile espagnole et nous donne un point de vue très intéressant. Dans tout roman qui rapporte des faits historiues, j'adore pouvoir lire du point de vue d'un civil. Je trouve que cela donne une véritable âme à l'histoire et c'est ce que j'ai ressenti en lisant ce livre.
Personnellement, j'ai adoré les passages qui sont écrits en espagnol parce que cela donne une rélle authenticité au texte. Après je peux comprendre que cela n'est pas au goût de tout le monde. L'histoire peut être aussi difficile à suivre si on n'a pas toutes les clés en main pour comprendre la réelle étendue de l'histoire. Même si on découvre les réells effets de la guerre civile espagnole et des détails de tous les jours, le roman ne s'aventure pas vraiment au gros plan et je pense que ceux qui ne connaissent pas vraiment ce qui a eu lieu peuvent être un peu perdu. Ayant étudié cette période de l'histoire en cours, j'ai vraiment aimé avoir un témoignage de plus de cette époque qui demeure une période très sombre dans l'histoire non seulement de l'Espagne mais aussi de l'Europe.
L'écriture est très belle et le style d'écriture donne une cadence très intéressante au texte.