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La révolution du klezmer



Description ajoutée par bremond 2018-08-05T10:38:24+02:00

Résumé

Elijah est un klezmer, c’est-à-dire un musicien ashkénaze. Il vit en Transylvanie Roumaine, il a vingt-cinq ans en cette année mille neuf cent vingt-cinq. C’est lors d’une de ses prestations qu’il commence une révolution en trois étapes, qui opéreront sa transformation. Il prend d’abord conscience du milieu juif auquel il appartient, du racisme et du nationalisme qui enveniment son pays. Puis il se rebelle, revendiquant le droit d’exister, libre de tous préjugés. Alors qu’il se retrouve sans violon, Elijah subit le plus radical des changements : il devient son propre instrument, un klezmer qui fait de la musique avec le chant. Mais la révolution est aussi un cercle, Elijah doit revenir dans le village où tout a commencé.Nouvelle Description

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Classement en biblio - 1 lecteur

Extrait

Extrait ajouté par bremond 2018-10-01T09:14:30+02:00

Alors qu’Elijah trépigne d’impatience, son estomac gémissant de faim, un homme vient le rejoindre. Un musi- cien, un klezmer comme lui, un cymbalum en bandoulière derrière le dos. Serait-il lui aussi rétribué pour la noce ?

Le violoniste est contrarié, il comptait sur sa rémunéra- tion pour renflouer sa bourse, un partenaire va réduire sa part de moitié. Le nouveau venu s’assoit sur le muret, il positionne son cymbalum puis il frappe, avec des mar- teaux en bois, les centaines de cordes métalliques de son instrument. D’abord une doina suivie d’un nigoun, qu’il accompagne par un chant sans paroles : « daï-daï-daï... ».

Elijah ne s’était pas trompé, l’homme est là à la demande des mariés.

Tout en jouant, le joueur de cymbalum observe son confrère musicien. Il lui adresse un large sourire puis il sort de son caisson en bois un bulgar soutenu, il accélère sur un tempo endiablé. Il regarde, hilare, le violoniste comme pour lui dire : « c’est pour toi que je joue, sorts de ta misère, quitte ton trou ! »

Soudain la grande porte de la synagogue s’ouvre en grand, l’assemblée sort joyeusement. Les enfants sont en tête, suivis des mariés, de leurs familles et de leurs amis.

L’époux reste interdit, il se tourne vers son père, n’avait-il pas embauché que le violoniste ? Les familles observent la scène, ahurie, pourquoi les musiciens n’ont-ils pas attendu la fin de la célébration pour jouer. Le public est partagé.

Certains sont amusés par ces deux hommes qui se font face, l’un endiablé sur son instrument et l’autre qui tait son violon, posé sur son froc déchiré. D’autres sont offusqués par le désintérêt de ces deux drôles pour un événement béni par l’Éternel. Elijah est gêné, il ressent l’opprobre, le lourd reproche de ses employeurs. L’inconnu est indif- férent à la désapprobation des spectateurs, encore plus

à l’anathème du rabbin, seul semble l’intéressé l’homme triste au violon usé.

Le marié s’approche du violoniste.

« Êtes-vous prêt à lancer le cortège ? »

Elijah ne répond pas, il ne parvient pas à quitter le visage de son confrère, son sourire qui le transperce au-delà de toute attente, son jeu qui remplit tout l’espace de cette froide journée.

« Regarde le tsimbaliste, on dirait qu’il tire les sanglots du violoniste pour les faire fondre comme la neige, on devrait peut-être payer les deux klezmorim, à moins que tu préfères geler sur place », dit le père de la mariée à celui de son gendre.

Le marié renouvelle sa tentative. Elijah le regarde, les yeux hagards, comme s’il sortait d’un songe ou d’un cau- chemar. Il se lève, range son violon dans sa caisse et s’ap- prête à quitter la place. Le marié est consterné.

« Vous ne voulez plus jouer ?

– Non », répond calmement le violoniste.

Il s’éloigne sans se retourner, en laissant le jeune homme bouche bée, ses parents embarrassés et l’assem- blée médusée.

Les pères viennent retrouver l’époux.

« Reprends-toi mon fils, un mariage sans musicien est pire qu’une mariée sans dot.

– Oui, mon beau-fils, un mariage silencieux est aussi improbable qu’un shtetl sans mendiant. »

Le marié se place devant le joueur de cymbalum.

« Et vous, vous n’allez pas nous laisser tomber ? »

Pour toute réponse, le musicien se lève, il ajuste son ins- trument à son cou, puis il commence à jouer. Le marié place alors un mouchoir blanc entre son index et son majeur, il entraîne ses convives à danser. Les hommes, les femmes et les enfants rentrent dans la ronde. Certains bons danseurs pavanent dans le cercle, les pouces dans les poches de leur gilet, ou une main derrière l’oreille, ils brillent devant leur public, ils leur montrent que la pauvreté n’est pas une fatalité.

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Commentaires récents

Commentaire ajouté par bremond 2018-10-04T07:36:16+02:00

Extrait d'une interview sur Bla Bla Blog http://www.bla-bla-blog.com/archive/2018/10/03/rencontre-avec-un-alter-artiste.html

BBB – La révolution du Klezmer se passe en Europe orientale dans l’entre-deux guerres. La première guerre mondiale est terminée et le monde va, dans quelques années, connaître un conflit dévastateur, notamment pour les juifs. Pourquoi avoir choisi les années 20 pour situer votre roman ?

JLB – J’ai découvert la musique klezmer par la danse. En voyageant dans les pays d’Europe centrale, j’ai pu constater que la recherche d’identité nationale se figeait encore dans ces années de perte de territoire, post première guerre mondiale, pour retrouver le grand pays, la souveraineté culturelle et religieuse. Quand m’est venue l’idée de raconter l’histoire d’un klezmer, un musicien, je l’ai placé dans son milieu juif où, dans les années 20, s’affrontaient ceux qui recherchaient l’intégration pour sortir de la souffrance de la discrimination, quitte à faire des compromis, et ceux qui voulaient y échapper par le sionisme, une possible terre de liberté, sans concession, aveuglés par le nationalisme. Les idéologies séparent ; la musique, ou tout autre expression venant du tréfonds de la personnalité, pourrait résister à la division et empêcher l’histoire de se répéter.

BBB – En filigrane c’est la Shoah qui se dessine. On pense à cette sinistre Garde de Fer.

JLB – J’ai très jeune été choqué par la Shoah, révolté contre cette ignominie ; aussi parce qu’un de mes grands oncles s’était porté volontaire comme médecin à la libération d’un camp d’extermination, et qu’un autre était mort comme prisonnier, en tant que résistant, dans un autre camp. En écrivant, je ne pouvais m’empêcher de penser à la fin tragique de mes protagonistes. La garde de fer en Roumanie, la terreur blanche en Hongrie, le fascisme en Italie, le nazisme en Allemagne…Par jeu d’alliance et de collaboration, l’étau se resserrait pour ceux que ces mouvements xénophobes condamnaient.

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Commentaire ajouté par bremond 2018-10-03T12:24:22+02:00

Le commentaire de Cathy :

Elijah est un klezmer, un musicien ashkénaze, il parcourt la Transylvanie Roumaine de 1925. Lors d'une journée un peu comme les autres, il va avoir un déclic, une envie de voir autre chose, de découvrir autre chose, sa quête ne fait que commencer. Plonger, en compagnie d'Elijah, dans un pays que je ne connaissais pas, dans une époque que je ne connaissais pas à été pour moi une bonne découverte. J'ai l'impression d'avoir beaucoup voyagé pendant ma lecture, j'ai aimé découvrir ses différents peuples, ses différentes cultures qu'Elijah va rencontrer pendant sa quête. Différents personnages vont croiser le chemin de notre musicien, chacun à sa manière va avoir une grande place dans l'évolution de ce dernier. L'auteur a eu la bonne idée de nous faire un lexique à la fin de son roman ce qui m'a permis de pouvoir, à chaque fois que je ne connaissais pas certains termes, trouver leurs significations. L'auteur a une plume que je trouve très agréable, et un style fluide. Merci Jean-Luc Bremond pour le voyage que vous venez de me faire vivre.

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Commentaire ajouté par jarnetmelanie 2018-06-01T00:36:25+02:00
Argent

Quête .

Nous sommes en Transylvanie roumaine en 1925, Elijah parcourt le pays de village en village offrant ses services de klezmer.

Il semble en quête de quelque chose , en quête de lui-même peut être.

Étant passionnée d'histoire et de musique je ne pouvais décemment pas résister à l'idée de lire ce livre ayant pour héros un musicien.

Pour tout vous avouer , avant de lire le résumé de ce livre je ne savais pas ce qu'était un klezmer, je n'en avais jamais entendu parlze.

J'étais très intriguée à l'idée de suivre l'histoire d'un klezmer du début du 20e siècle.

J'ai donc découvert qu'un klezmer est un musicien ashkénaze et dans le cas d'Elijah il s'agit d'un violoniste.

En faisant la connaissance d'Elijah j'ai basculé dans le temps , j'ai fais un bond de presque cent ans en arrière.

J'ai plongé au coeur de la Transylvanie roumaine , j'ai découvert la multitude de ses peuples et de ses habitants , la variété de cultures qui animent ces Terres qui jusqu'ici m'étaient plutôt méconnues.

Tout comme Elijah , j'ai été parfois charmée par ce que je découvrais et parfois atterrée face à certains comportements.

Partout en Europe les années 20 et 30 ont marquées un tournant dans l'histoire. Elles ont été le catalyseur de nombreuses tensions et ont été révélatrices de certains extrémismes.

En accompagnant Elijah, certains comportements et certains façons de penser se révèlent à nous.

On découvre des gens qui souffrent , qui vivent pour beaucoup dans un certain dénuement .

Comme chacun le sait , cela rend propice la montée de certains sentiments, racisme , antisémitisme, nationalisme...

Et à travers cette histoire on se rend parfaitement compte de tout cela , on voit à quel point la situation est grave et ne demande qu'à empirer . L'Histoire est là pour nous le prouver.

Elijah est un peu le témoin de cette époque troublée. Sa vie de musicien errant le conduit de place en place et l'amène à prendre conscience de tout cela.

Et à mesure qu'il va à la découverte des autres c'est lui qu'il découvre.

Il va se mettre à mal pour mieux se trouver.

Mais cela ne va pas se faire en un jour et certaines rencontres vont se montrer déterminantes pour lui.

Que ce soit Rebecca, Istvan ou les autres personnages qui vont croiser son chemin, chacun à un rôle à jouer dans le destin de ce klezmer. Ils vont être pour lui plus importants qu'il n'y paraît , ils vont l'accompagner sur son chemin et le conduire là où il doit être. Même s'il va lui falloir un peu de temps.

Mais ce n'est pas la durée du voyage qui compte mais ce qu'il nous a apprit.

J'ai apprécié suivre le parcours d'Elijah, j'ai aimé voir l'évolution de sa personnalité et voir certaines prises de conscience se faire.

Même si certains termes liés à la religion , à la musique ou à cette région spécifique m'ont quelque peu échappés au départ ( je n'avais pas remarqué le lexique en fin de roman, lexique qui m'aurait bien aidé lors des premiers chapitres ) j'ai fini par me laisser porter par le rythme des mots et par le voyage auquel nous convie l'auteur de ce livre , Jean-Luc Bremond.

Un livre à découvrir.

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