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La liste de tous les extraits faits sur les livres de booknode

Le Pique-nique des orphelins
C'était une fille, bien plus grande que le petit frère perdu de Mary, mais tout aussi vigoureuse, et qui avait une tête de boucles acajou et flamboyantes.
Elle regarda Mary, ses yeux, du gris-bleu de ceux des nouveaux-nés, perdus dans le vague mais déjà plein de détermination, et animés d'une intensité obstinée que Mary reconnut comme étant la sienne.
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Le Pique-nique des orphelins
Je crie donc : "UN MIRACLE !", à pleins poumons.
Faire ça dans un couvent, c'est comme crier au feu dans un cinéma bondé.
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Le Pique-nique des orphelins
Je ne donne rien, je ne prends rien, je ne signifie rien, je ne retiens rien.
Voilà ce que je me dis dans cet étrange et faux crépuscule. Je fermai les yeux pour y échapper. Je fermai mon esprit pour échapper à cette pensée. Je retins ma respiration. Et dans ce moment obscurci, désolé, étouffant, quelque chose me retint. Une chose. Pas un objet, pas un projet, ni même les paroles entêtantes d'une chanson, mais une sensation de douceur. Je ne peux pas en dire davantage. Un souffle, rien d'autre, mais si pur.
P. 440
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Le Pique-nique des orphelins
« La lumière de la cour jetait une vague lueur dans son dos. Les conifères semblaient d'une noirceur impénétrable, et même effrayante. Mary songea aux vagabonds, aux hiboux, aux mouffettes et aux souries enragées que le brise-vent abritait peut-être. Elle s'avança pourtant dans l'herbe haute. Avec ce premier pas, elle sentit la pesanteur s'accumuler dans ses jambes. Au suivant, ses yeux avaient hâte de se fermer. Elle plongea tout de même en avant, parmi les branches entrecroisées. La terre était humide, fraîche, et Mary s'enfonça dans l'herbe. Elle eut l'impression, dans sa transe, que beaucoup de temps passait. Les prunes étaient vertes et dures lorsqu'elle s'était allongée, les graines des mûres invisibles, l'herbe verte et souple. Puis la lune monta dans le ciel, les étoiles tournoyèrent en motifs pailletés, des oiseaux s'envolèrent. La saison déclina et le bébé de Célestine devint aussi grand que le jour. »
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Le Pique-nique des orphelins
« Le contour de mes os était bordé de noir. J’étais une balise. D’un bout à l’autre de la nuit je ne cessai de palpiter, rappelant à moi les uns ou les autres – Giles ou Mary, ma mère, ou même le bébé qui avait détruit ma mère en la faisant fuir. »
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Le Pique-nique des orphelins
En ce qui me concerne, je ne jurerais de rien. Je domine. J'ai un visage trop large. Mes dents paraissent sauvages quand je souris, un trait que j'ai hérité du côté de ma mère. Je sais pourtant que toute préoccupation en rapport avec l'impression que nous produisons sur autrui est absolument inutile de ma part, je me résigne donc.
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Le Pique-nique des orphelins
Déjà à l'époque, je savais que ma vie n'aurait rien d'un tunnel d'amour trouant les ténèbres, ni d'un champ ouvert.
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Le Jeu des ombres
date : 08:34 par Bibounine voir tout les commentaires de Bibounineses comms
Il avait conscience de sa jalousie. Il savait qu'il voulait Irène tout à lui. Ils avaient tous deux été élevés par une mère célibataire, et le lien, qui les unissait n'avait d'abord pas fait de doute- leur rôle l'un envers l'autre serait autant celui de parents que d'amants. (p. 60)
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Le Jeu des ombres
date : 08:34 par Bibounine voir tout les commentaires de Bibounineses comms
Pour Irène, l'amour qu'elle éprouvait pour les enfants fut une révélation; idem pour Gil, mais en même temps il fut accablé parce qu'il voyait bien qu'Irene aimait en premier lieu les enfants, et qu'elle leur donnerait toujours la préférence. A chaque grossesse, ils se caressaient moins souvent, même s'il la peignait de façon obsessionnelle. Gil sentit la marée se retirer lentement, un petit peu chaque jour jusqu'à ce qu'il se retrouve seul, à présent, loin sur le sable sec de la plage. (p.60)
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Le Jeu des ombres
date : 08:34 par Bibounine voir tout les commentaires de Bibounineses comms
Il devait combattre le sentiment de satisfaction. Au fur et à mesure qu'elle s'éloignait de lui, les tableaux devenaient plus forts. Le violent désir qu'il avait d'elle leur donnait vie. Dans ses tableaux, il mettait son chagrin, la nature insaisissable d'Irene, l'avidité de son étreinte, le rejet d'Irene, l'amertume de son espoir, la rage maussade d'Irene. Il avait pris conscience que plus leurs rapports étaient tendus, plus son travail en bénéficiait. Il n'avait pas encore songé à se demander si ses soupçons à l'égard d'Irene étaient aussi une méthode visant à la repousser, afin de ressentir son absence, puis un douloureux appétit duquel tirer son art. (p.85)
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Le Jeu des ombres
date : 08:34 par Bibounine voir tout les commentaires de Bibounineses comms
Toute sa vie, Bonnard avait peint des petits moments, intimistes, un enfant jouant dans un tas de sable, des chiens ou des chats attentifs aux plats posés sur la table. Et il y avait Marthe. Son petit corps sinueux, l'idéal de Bonnard. Il l'avait peinte indolente après l'amour, chatoyante et rêveuse dans son bain, regardant par la fenêtre, à côté de cette porte bleue qui s'ouvrait vers l'intérieur. De l'avis de beaucoup, c'était une mégère grincheuse, et pourtant Bonnard l'avait aimée de tout son art. A cause de la guerre, son monde s'était rétréci. Il avait perdu sa femme. A cette époque-là, il avait peint un autoportrait que Gil trouvait à la fois insupportable et héroïque. Dans ce tableau de lui, seul, fragile, âgé, scrutant le miroir de la salle de bains, Bonnard avait employé toutes les couleurs. Ses yeux étaient très creux, omniscients, fixes. Toutes les couleurs dont il s'était servi dans sa vie étaient là dans cet autoportrait. C'était une représentation de l'esprit unifié de l'artiste, le moi se dissolvant avec lassitude dans la lumière et la couleur inlassables. Il était aussi chauve qu'un oeuf, et pourtant son crâne nu était encore caressé çà et là par un peu d'éclat, un zeste de soleil.

Ensemble, à Paris, Irene et Gil avaient contemplé ce portrait et, pour des raisons différentes, ils avaient pleuré.
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Le Jeu des ombres
date : 08:33 par Bibounine voir tout les commentaires de Bibounineses comms
Elle l’avait prévenu qu’il n’y aurait pas de rapports sexuels entre eux. C’est fini, dit-elle. Il se passera des années avant que je ne te laisse coucher avec moi. Ou me peindre. Il eut l’air perplexe, et songea qu’elle était étrangement à côté de la plaque pour croire que ces choses-là pouvaient encore l’intéresser. Quand il avait arrêté de boire, il avait arrêté de manger, et quand il avait arrêté de manger, il avait arrêté de vouloir quoi que ce soit.
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Le Jeu des ombres
date : 08:26 par Bibounine voir tout les commentaires de Bibounineses comms
L'histoire, c'est deux choses, après tout. Pour qu'elle ait un sens, l'histoire doit se composer à la fois de l'évènement et du récit. Si elle ne racontait jamais rien, s'il ne racontait jamais rien, s'ils n'en parlaient jamais entre eux, il n'y avait pas de récit. Et l'acte, , même s'il avait eu lieu, était ainsi dénué de sens.Il ne comptait pas pour une infidélité. Il ne comptait pas du tout. (p.108)
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Le Jeu des ombres
date : 08:25 par Bibounine voir tout les commentaires de Bibounineses comms
Tomber amoureux c'est aussi tomber dans l'état de connaissance. L'amour durable survient quand nous aimons la majeure partie de ce que nous apprenons sur l'autre, et sommes capables de tolérer les défauts qu'il ne peut changer. (p.34)
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LaRose
date : 08:25 par Bibounine voir tout les commentaires de Bibounineses comms
Transformer son cœur en un lieu accueillant était une tâche mentale tortueuse. Qui exigeait parfois un bon coup de balai, de nouveaux agencements. Il devait passer le chiffon. Jeter des vieilleries pour gagner de la place. Tout cela était tellement assommant, mais il s’y appliqua jusqu’à ce qu’il y ait casé toute la foutue famille d’Emmaline et, harassé, soit capable de le refermer à la volée, avec Emmaline au milieu, hors de sa portée.
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LaRose
date : 08:25 par Bibounine voir tout les commentaires de Bibounineses comms
Nous sommes poursuivis par ce que nous faisons aux autres et ensuite, du coup, par ce qu'ils nous font. Nous regardons toujours en arrière, ou bien nous nous inquiétons de l'avenir.
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LaRose
date : 08:24 par Bibounine voir tout les commentaires de Bibounineses comms
Une bombe vous faisait sauter en un instant ; recoller vos morceaux prenait le restant de vos jours.
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LaRose
date : 08:24 par Bibounine voir tout les commentaires de Bibounineses comms
" Nous t'aimons , ne pleure pas.
Le chagrin dévore le temps.
Sois patient.
Le temps dévore le chagrin. "
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La Malédiction des colombes
L'amour qui vient sur le tard, l'amour du milieu de la vie, le genre d'amour qui se connait et sait que rien ne dure, est une fureur désespérée et partagée.
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La Malédiction des colombes
Quand je regarde la ville à présent, qui s'amenuise sans grâce, je pense qu'il est bien étrange que des vies aient été perdues pour qu'elle soit créée. Il en va de même pour toutes les entreprises désespérées auxquelles sont mêlées les limites que nous posons sur cette terre. En traçant une ligne et en la défendant, nous semblons penser que nous avons dominé quelque chose. Quoi ? La terre engloutit et absorbe même ceux qui réussissent à bâtir un pays, une réserve.
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La Malédiction des colombes
Il y a fort peu de villes où les vieilles dames peuvent sortir la nuit et profiter du vent léger, or Pluto est de celles-là. Je prends ma canne pour aller à tâtons, car l'air st si noir que je pense déjà que nous sommes invisibles.
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La Décapotable rouge
Et je vis le temps qui passait, chaque minute s'accumulant dans mon dos avant que je n'en aie extrait la moindre goutte de vie. Il allait si vite, voilà ce que je dis, que j'étais assis immobile au beau milieu. Le temps filait de part et d'autre comme l'eau qui passe de chaque côté d'un gros rocher mouillé. A la seule différence que je n'étais pas aussi durable que les pierres. Très vite, je serais érodé. C'était déjà ce qui se passait.
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La Décapotable rouge
Cela fait des lustres que nos maris sont décédés. Il fut un temps où nous avons dû les aimer. Mais pour moi l'amour ne se disait pas avec des fleurs, du moins pas jusqu'à ce qu'il meure. Depuis, chaque printemps je remplace les roses artificielles sur sa tombe
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La Décapotable rouge
J'ai été le premier à rouler en décapotable sur ma réserve. Et forcément elle était rouge, une Olds rouge. J'en étais propriétaire avec mon frère, Stephan. Nous en étions tous les deux propriétaires jusqu'à ce que ses bottes se remplissent d'eau, par une nuit venteuse, et qu'il me rachète ma part. Maintenant Stephan en est l'unique propriétaire, et son petit frère Marty (c'est moi) va partout à pied.
Comment ai-je gagné assez d'argent pour acheter ma part, à l'origine ? Mon unique talent était de toujours réussir à me faire du fric. J'avais le chic pour ça, pas courant chez un Chippewa, et surtout dans ma famille. Dès le départ, j'avais cette différence, et tout le monde le reconnaissait. J'ai été le seul môme qu'on a laissé entrer au Legion Hall de Rolla pour cirer des chaussures, par exemple, et une année, à Noël, j'ai vendu des images pieuses au porte-à-porte pour la mission. Les sœurs m'ont permis de garder un pourcentage. Une fois lancé, il semblait que plus je gagnais d'argent, plus l'argent venait à moi facilement. Tout le monde m'encourageait. A quinze ans, j'ai trouvé un boulot de plongeur au Joliet Café, et c'est là que j'ai percé.
Rapidement j'ai été promu au rang de serveur, et puis la cuisinière qui préparait les plats rapides est partie et j'ai été engagé à sa place. En un rien de temps, j'étais devenu le gérant du Joliet. Le reste appartient à l'histoire. J'ai été gérant un moment. Je suis rapidement passé copropriétaire, et bien sûr à partir de là personne ne pouvait plus m'arrêter. Il n'a pas fallu longtemps avant que tout soit à moi.
Alors que j'étais propriétaire du Joliet depuis un an, il a brûlé. Toute l'affaire. Une perte sèche. Je n'avais que vingt ans. J'avais tout, et je l'ai perdu vite fait, mais avant j'avais invité tous les membres de ma famille, et les membres de leurs familles, à dîner, et avec Stephan j'avais aussi acheté la vieille Olds dont j'ai parlé.
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La Décapotable rouge
Cacher un Indien de presque deux mètres et cent dix kilos dans une bourgade qui déjà n'aimait pas les Indiens, ce n'est déjà pas facile. Un mois, c'était une belle réussite, quand on sait à quoi elle se heurtait. Elle avait passé le plus clair de son temps en allers et retours à l'épicerie, marchant à pas feutrés sur ses pieds enflés, sidérant les voisins par la taille de ce qu'ils croyaient être son appétit. Des piles de côtes de porc, des friteuses entières, des steaks épais disparaissaient en l'espace d'une nuit, et comme Gerry ne pouvait pas sortir la poubelle de jour, il lui arrivait parfois de jeter les os par la fenêtre, sous laquelle ils s'amoncelaient, et sous laquelle les chiens, qui avaient bien vite appris à attendre les restes, se battaient et se chamaillaient autour de ce qui se présentait.
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La Décapotable rouge
Aurores boréales. Quelque chose dans l'atmosphère froide et humide les provoquait... De petites touches de lumière vert pâle y palpitaient avant de disparaître. Des lumières vivantes. Leurs feux s'élevaient en courbe, toujours plus haut, puis s'éteignaient dans l'obscurité. Parfois le ciel tout entier était de façon concentrique cerné de points filants et de fronces lumineuses se rassemblant et retombant, palpitant, perdant leur éclat, avec la régularité de la respiration. D'un seul bloc. Comme si le ciel était un système nerveux que nos pensées et nos souvenirs parcouraient.
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